Le Michelin 2026, version monégasque

Le Michelin 2026, version monégasque

Edouard Amoiel

Edouard Amoiel

17 mars 2026

Réunis à Monaco, chefs, artisans et figures de la gastronomie ont célébré le Guide Michelin 2026 dans un cérémonial désormais bien rodé. Derrière les chiffres et les étoiles, se dessine une scène française en pleine recomposition. En prime, un nouveau restaurant trois étoiles voit le jour...

La cérémonie 2026 du Guide Michelin s’est donné rendez-vous à Monaco pour une nouvelle fois célébrer son histoire, avec un prélude aussi mondain que gourmand. La veille de la remise des distinctions, un dîner imaginé par Alain Ducasse à l’Hôtel de Paris réunissait près de 400 convives. Chefs venus de tout l’Hexagone, figures du métier, amis de la maison : tous se retrouvaient autour d’une cuisine de saison où les légumes primeurs côtoyaient la truffe noire, avant de laisser place à des assiettes plus audacieuses, tel ce civet d’artichaut torréfié au grué de cacao et pignons de cèdre.

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Le chef Alain Ducasse ©DR

Symbole d’excellence

Le lendemain, changement d’échelle. Au Grimaldi Forum, ce sont près de 1’200 invités qui prennent place pour ce qui s’apparente, année après année, à la grande messe de la gastronomie française. Tout ce que le pays compte de chefs, d’artisans et de passionnés s’est donné rendez-vous sous le ciel monégasque. Parmi eux, un invité vêtu de noir attire les regards : Ferran Adrià, l’âme d’El Bulli, venu assister à cette célébration du goût.

Smoking de rigueur, Gwendal Poullennec ouvre la cérémonie en rappelant ce que représente une étoile : un marqueur, un symbole d’excellence. Il évoque aussi la formidable diversité des terroirs et des cultures culinaires qui composent aujourd’hui la scène française. Un paysage porté par des inspecteurs venus d’une trentaine de nationalités, garants - rappelle-t-il - de l’indépendance de la maison Michelin.

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Le chef Romain Meder (à droite) ©DR

62 nouvelles tables étoilées

Pour ce millésime monégasque, le guide recense désormais 668 tables étoilées en France, dont 62 nouvelles venues. Derrière ces chiffres, une réalité saute aux yeux : une génération de jeunes chefs s’installe, ose, entreprend et persévère malgré un contexte économique parfois délicat.

Du côté des premières étoiles, 54 nouvelles adresses rejoignent la constellation. Parmi elles, le restaurant Prévelle de Romain Meder - longtemps bras droit d’Alain Ducasse au Plaza Athénée - mais aussi Zostera du chef Julien Dumas ou encore la Maison Ruggieri, qui réapparaît sur le devant de la scène après quelques allers-retours entre la France et l’Italie.

La cérémonie met également en lumière celles et ceux qui accompagnent la cuisine au quotidien. Le prix du sommelier de l’année est attribué, entre autres, à Edmond Gasser. Un visage familier pour la scène romande : passé par le restaurant d’Anne-Sophie Pic à Lausanne, il officie aujourd’hui à la maison mère de Valence, à la Maison Pic, où il développe notamment un travail pointu autour des accords sans alcool.

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Le restaurant Les Morainières ©DR

Un chef mentor et un trois étoiles

Entre deux séquences et quelques vidéos de sponsors - toujours en dialogue plus ou moins heureux avec la haute gastronomie - la cérémonie poursuit son rythme. Un prix du service est remis à Marco Toignon pour le restaurant Les Ambassadeurs à Monaco. Puis vient le moment attendu : les deux étoiles. Sept nouvelles adresses rejoignent ce cercle exigeant. À Paris, Virtus s’impose avec une cuisine contemporaine d’une grande finesse. À Paris, le restaurant Hakuba au Cheval Blanc fait dialoguer avec élégance traditions japonaises et culture gastronomique française sous l’impulsion d’Arnaud Donckele et du chef Takuya Watanabe. La Bourgogne voit également Frédéric Doucet récompensé, tandis que d’autres maisons - de Reims à la région parisienne - viennent compléter cette nouvelle génération de tables doublement étoilées.

Moment suspendu ensuite lorsque Pierre Gagnaire reçoit le prix du chef mentor. Dans un discours chargé d’émotion, il évoque les hauts et les bas d’une vie de cuisinier, la perte d’un établissement, la nécessité de se relever, et la transmission qui donne sens à une carrière. Une figure majeure de la cuisine française saluée par toute une profession. Et puis, presque à la surprise générale, la troisième étoile est annoncée. Elle brille désormais au restaurant Les Morainières à Jongieux, la table du chef Mickaël Arnoult. Une adresse située à peine à une heure de Genève, et qui ne devrait pas tarder à trouver sa place dans nos prochains récits gourmands.