Un voyage du côté de Chez Piaf
Anaïs Richard

Anaïs Richard

23 novembre 2025

Ambiance rétro, clin d’œil à la Prohibition, Gainsbourg et mets de bistrot… Un voyage vintage parfaitement maîtrisé : bienvenue chez Piaf !

Rendez-vous au cœur des Pâquis pour dîner. Prévoyez quelques heures devant vous, un moyen sûr pour rentrer, puis poussez la porte de Chez Piaf, l’adresse de Hugo de Deus. Dans les deux salles baignées de bleu, aux lumières tamisées, des airs des années 70 se mêlent aux conversations et aux rires. Une équipe de salle entièrement féminine nous accueille avec chaleur et nous remet le menu. Au programme : une entrée tout en légèreté, un plat gourmand, un dessert et un cocktail.

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La salle du restaurant Chez Piaf ©DR

Œuf parfait

 Le menu, court mais saisonnier, regorge de propositions typiques d’un bistrot. Nous débutons avec un œuf parfait, pour une entrée en douceur. Espuma de panais, chips de lard, poêlée de champignons et noisettes toréfiées : c’est un sans-faute ! Un plat qui mérite bien son nom tant la cuisson de l’œuf est parfaite, accompagné de mousse de panais et de garniture croquante, le tout dans une harmonie automnale impeccable. Nous renvoyons une assiette immaculée, prêts à accueillir, avec enthousiasme, la suite de notre repas.

La salle s’anime, les conversations s’intensifient et les serveuses mènent la danse. Arrivent le magret de canard et le burger d’hiver du Piaf. Le demi-magret est servi avec une purée de carottes et des carottes fanes rôties au cumin : un beau mariage sucré-salé convaincant et cohérent. Nous notons malgré tout que la viande est légèrement trop cuite, sans doute est-ce dû à l’affluence du soir. Le burger lui aussi pourrait porter l’appellation de “burger parfait” : gourmandise du brie, mayonnaise truffée, viande généreuse et frites allumettes maison composent une très belle réinterprétation d’un classique bistronomique.

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Le magret de canard de Chez Piaf ©Edouard Amoiel

Bambou, le speakeasy

Malgré un appétit déjà bien rassasié, nous ne résistons pas au dessert et partageons une brioche perdue. Si l’appareil, un peu trop compact, ne convainc pas totalement, le caramel au beurre salé se distingue par sa justesse. Mais notre expérience chez Piaf ne s’arrête pas là : guidés par le personnel, nous traversons les salles jusqu’à une armoire en bois massif. Derrière sa porte, se cache Bambou, un speakeasy comme au temps de la Prohibition en Amérique.

Murs sombres, canapés en cuir, piano à cordes, tables de bistrot parisien et lampes vintage : c’est Pigalle dans les années folles. Entre sa collection de vinyles et ses cocktails signatures inspirés des titres de chansons de Gainsbourg, le changement d’ambiance est total. Notre choix se porte sur deux créations : le Sea, Sex & Sun, revisite le Pornstar Martini et le Bonnie & Clyde se rapproche d’un Amaretto Sour. Servis sur un sous-verre à l’effigie du célèbre billet de 500F, ces cocktails tiennent toutes leurs promesses. Nous sirotons ainsi notre mélange d’amaretto, de Suze et de bourbon, shakés avec du citron, du sucre et un blanc d’œuf, au son des années 70. Un bel hommage à Gainsbourg et à Paris, parfaitement en phase avec l’univers de Chez Piaf !

Notre voyage dans le temps s’achève sur une très belle note, oscillant entre l’ambiance bistrot du restaurant et les années folles du speakeasy. Avec Chez Piaf et Bambou, Hugo de Deus propose un univers vintage, mais résolument actuel, porté par de belles assiettes et des cocktails inspirés : une parenthèse hors du temps au cœur des Pâquis.