Qu’il est beau ce chalet suisse traditionnel avec ses balcons fleuris ! Lors d’une douce soirée d’été, la terrasse a sans doute un des plus beaux panoramas de la région et les repas deviennent une fête. Orchestré depuis deux décennies d’une main de maître par le chef Erich Baumer, le Sonnenhof est une étape aussi élégante que conviviale et les gourmets peuvent découvrir, à quelques enjambées de Gstaad, des mets et des recettes devenus incontournables.
© Edouard Amoiel
Solide réputation
En ouvrant la carte des mets, deux points de vue culinaires s’affrontent pour finalement n’en faire qu’un. Page de gauche, les propositions et page de droite les classiques de la maison. Malgré quelques timides tentatives vers l’innovation, à l’image d’un homard tiède, houmous de petit-pois et mayonnaise à la menthe ou encore un délice à la chair de tourteau, crevettes sauvages, concombre et yaourt, une cuisine classique et bourgeoise domine.
© Edouard Amoiel
Le marbré de foie gras, la salade d’artichauts ou de mâche, le carpaccio de thon, le tartare de bœuf, le filet de sole, la selle d’agneau et les fameuses pointes de filet de bœuf à la sauce Strogonoff, autant de plats mis à l’honneur qui ont permis au restaurant de se forger une solide réputation. Aucune révolution mais une belle exécution. La salade de mesclun, chanterelles tièdes et sa vinaigrette à l’estragon est une séduisante entrée en matière avant de laisser place au savoureux émincé de veau aux champignons, sauce à la crème et rösti.
Service
Mais côté salle, c’est là où le bât blesse. Normalement, le service et la cuisine ont des liens étroits, un peu comme une carte des mets à deux tendances. Alors que la gastronomie du Sonnenhof se fond dans la générosité et la gourmandise, le personnel de salle est d’une rigidité et d’une sévérité extrêmes. Demandes insistantes pour prendre la commande, assiette déposée indélicatement, attitude qui renforce la désagréable impression que l’on veut se débarrasser du client ou addition présentée avec froideur, la magie du lieu n’opère plus assez pour rattraper le coup. On peut tolérer occasionnellement une baisse de régime, mais à ce point (et sur l’ensemble d’une équipe de salle) … c’est franchement dommage !




