Ottolenghi s’invite dans la cité de Calvin
Le Mandarin Oriental accueille désormais le tout premier restaurant hors de Londres de Yotam Ottolenghi, avec aux commandes le talentueux chef Maxime Martin. Dès l’arrivée, le service est aux petits oignons et prêt à tout pour que votre expérience se passe au mieux. La salle, baignée de lumière, joue sur des tons clairs et des formes minérales, arrondies et douces, évoquant des galets polis sur une plage de sable. En son centre trône un élégant bar ovale animé par un mixologue en pleine action. Sur le côté, une cuisine noire et ouverte, contrastant avec le reste, permet aux clients d’admirer le bal des cuisiniers.

Influences méditerranéennes
Pour l’apéritif, le Pumpkin Mule est conseillé, cocktail signature aux saveurs encore automnales, mais c’est la version Virgin Spritz and Roses et sa promesse de fraîcheur estivale qui l’emporte. Sans surprise, toute personne avec un amour inconditionnel pour le Spritz sera séduite par cette nouvelle version au subtil goût de rose, délicatement sublimé par une confiture de cassis.
Du côté des plats, les influences méditerranéennes et orientales s’invitent avec convivialité, offrant plusieurs possibilités de partage où même les végétariens seront gâtés. Le halloumi grillé est recouvert de miel au citron noir et d’un condiment aux herbes qui équilibrent parfaitement la salinité du fromage. L’artichaut grillé trône sur un délicieux tarator de noix, sauce du Moyen-Orient entre le houmous et le tzatzíki, magnifié par un condiment permettant un mariage complexe et réussi entre tous les éléments.

Surprenants champignons
Le kimchi et le gruyère s’unissent parfaitement sous forme de beignets croustillants à l’extérieur et fondants à l’intérieur. Le shawarma renferme dans une pita du céleri-rave et un bkeila, condiment à base d’épinards, un peu trop discret toutefois. Le tout gagne en intensité grâce à une savoureuse sauce aux tomates fermentées et au piment ; un plat qu’il ne faut pas hésiter à dévorer.
Plus déroutant, le plat de champignons grillés est conséquent et à assembler soi-même. Si la sauce au yaourt et le condiment au piment vert sont parfaitement exécutés, la timidité des épices sur les légumes, les pickles et les champignons difficiles à mâcher peuvent ne pas être au goût de tout le monde. Une meilleure description sur le menu serait bienvenue pour éviter certaines surprises.
D’une manière générale, la signature d’Ottolenghi est bien présente : les associations de saveurs sont justes et pleines de potentiel. Mais à Genève, l’ensemble reste encore un peu trop sage alors qu’il serait temps d’oser, de laisser exploser les saveurs pour bousculer et séduire avec des mariages audacieux, puissants et inoubliables.



