
Coincoin, le bonheur au menu
Et si nous commencions la semaine par un menu ? Quelques entrées, quelques plats imaginés par un jeune cuisinier, et reste cette délicieuse difficulté : choisir. Direction chez Coincoin. L’adresse que nous aimons tant, à l’angle de la rue des Bains et du boulevard Carl-Vogt, a changé de mains. Loris Vial, également à la tête de Safre dans le quartier des banques, en a repris les rênes. Le lieu garde ce qui fait son charme : de la lumière, un décor jeune, une manière libre d’accueillir les gens. Maxime Guilloud, passé par l’école du Bologne et par Safre, est en salle. En cuisine, Livio Paroldi donne à ce bistrot de quartier une raison supplémentaire de s’y attarder.

Intitulés gourmands
À midi, le menu change chaque semaine. La proposition a de quoi séduire à une époque où le plat du jour se fait de plus en plus rare. Mais avant même de parler du prix, il faut parler de l’envie. J’ai longtemps hésité. Un tartare de maigre (de ligne), de concombre et de shiso ? Une terrine de langue de bœuf, sauce gribiche, qui lorgne du côté des classiques de bistrot ? Moi qui choisis d’ordinaire assez vite, j’ai relu les intitulés plusieurs fois.
J’ai finalement opté pour un arancini aux morilles hachées, accompagné d’une sauce aux herbes et au parmesan. Cet hymne transalpin, croustillant à l’extérieur et moelleux à l’intérieur, a été revisité par le chef. Il m’a ensorcelé ! Le mot est fort, je le sais, mais je l’assume !

Thon tonnato
Pour la suite, mon partenaire de table a choisi la courgette garnie de ratatouille, servie avec des bâtonnets de polenta. Hésitation entre la poitrine de veau, brocoli et sauce saté, et le thon blanc sauce tonnato. Je me suis décidé pour le poisson, parfaitement cuit, nacré à cœur, et n’ai pas hésité à tremper les pommes paille dans la sauce avec une délectation que je n’ai pas cherchée à cacher. C’était gourmand, précis et franchement heureux.
Nous avons partagé un clafoutis aux mirabelles infusées à la Chartreuse. L’appareil était un peu pâteux, mais n’a en rien effacé le plaisir ressenti pendant ce déjeuner ni l’impression laissée par la cuisine de Livio Paroldi : inventive, originale, tout en restant diablement gourmande. Accrochez-vous : ce menu coûte 40 francs. Pour un déjeuner de cette qualité, c’est une belle proposition, assez rare pour être soulignée. Je suis reparti ravi, déjà curieux de découvrir Coincoin le soir, dans une ambiance sans doute plus intimiste. Il se passe quelque chose à cette adresse. L’envie d’y retourner se fait déjà sentir.

