Ciro, la constance du cœur
Edouard Amoiel

Edouard Amoiel

08 février 2026

Année après année, le chef confirme son talent avec une cuisine italienne contemporaine, précise et chaleureuse, qui continue de séduire les clients, qu’ils soient habitués ou nouveaux.

Certains cuisiniers ne trichent pas. Ils cuisinent. C’est un fait attesté par Ciro depuis des années, service après service. Et cela suffit largement à créer l’émotion. Dans sa Trattoria Gourmet des Pâquis, sa cuisine transalpine s’exprime avec une élégance presque désarmante. Ici, pas d’esbroufe, pas de mousse inutile ni d’effets de manche. Juste une technique solide, une précision constante et surtout une générosité qui touche au cœur. À chaque visite, le même sentiment : celui d’une cuisine profondément sincère, pensée pour le pur plaisir des convives.

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Ciro Ascione devant sa Trattoria Gourmet ©Edouard Amoiel

Carte des mets fidèle

Il est vrai que le service n’a pas toujours suivi la même partition exigeante. Mais lors de mon dernier passage, autour d’un déjeuner remarquable, la salle était parfaitement accordée à la cuisine. Présence juste, rythme maîtrisé, sourire naturel : autant de qualités qui transforment un très bon repas en un véritable moment.

La carte reste fidèle à l’ADN de la maison : courte, lisible, mais terriblement séduisante. Une tarte tatin d’oignons rouges et burrata, escortée d’une saladine d’épinards, attire immédiatement le regard. Le carpaccio de filet de bœuf, tomme au Barolo et noisettes du Piémont, donne le ton d’emblée. Mais nous retenons les Saint-Jacques, artichaut et lard de Colonnata. Nacrées à cœur, exécutées avec une justesse exemplaire, elles rappellent que la simplicité, quand elle est maîtrisée, devient de la grande cuisine.

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Les gnocchis de Ciro Ascione ©Edouard Amoiel

Pièces à partager

Difficile ensuite de résister aux gnocchis de potimarron, sauge et chanterelles, nappés d’un beurre blanc d’une gourmandise redoutable. La tentation était grande de poursuivre avec la lotte, chou-fleur et guanciale, ou la langoustine à l’ail et peperoncino. Mais pour cette fois, la raison l’a emporté.

Petite évolution notable : le chef propose désormais de belles pièces à partager. Côte de bœuf blonde de Galice, T-bone de Black Angus suisse ou encore sole meunière. De quoi transformer la table en des moments de célébration, entre amoureux ou entre amis.

Dans un contexte genevois toujours plus tendu pour la restauration, Ciro continue d’avancer, avec la même passion et la même droiture. Une trajectoire sans bruit, mais avec beaucoup de profondeur. Ciro charme. Ciro ensorcelle. Et, surtout, Ciro cuisine… toujours merveilleusement bien.