
Quentin Philippe, une route étoilée
Le millésime 2024 restera gravé comme un grand cru. Cette année-là, Quentin Philippe donne naissance à son fils, Arakel décroche la note de 15 au Gault & Millau et, surtout, l’établissement obtient sa première étoile au guide Michelin. Pensé à l’origine comme un bar à vin, le lieu a évolué en un véritable restaurant, en cohérence avec l’ambition portée dès les premiers jours. Le chef nous confie : « En 2024, tout s’est enchaîné à une vitesse vertigineuse, comme un véritable raz-de-marée. Et si le restaurant affiche régulièrement complet, c’est devenu une habitude précieuse que nous nous devons d’entretenir. »

La constance
Aujourd’hui, Quentin Philippe nous résume l’année écoulée en un mot : constance. Une exigence dictée, d’une part, par l’obtention de l’étoile et, d’autre part, par une volonté permanente de s’améliorer. Cela passe par l’attention portée aux détails : un changement de vaisselle pour le fromage, quelques travaux dans l’établissement, mais aussi par le refus de se reposer sur ses acquis. Avec humilité, le chef précise toutefois ne pas être engagé dans une course aux étoiles : « Lorsque la philosophie est claire et que l’on prend soin de faire grandir ses acquis, le chemin réserve naturellement de belles choses. »
Fidèle à l’état d’esprit qui l’animait à ses débuts chez Arakel, Quentin Philippe revient sur la genèse du projet : « Arakel, pour moi, c’est le début d’une aventure culinaire où j’ai réellement pris parti pour défendre ma cuisine. » Aujourd’hui, cette cuisine se veut sincère, lisible et pleinement assumée. Après une période où la technicité primait, le chef s’est recentré sur l’essentiel : le produit, la gourmandise et l’émotion. Les assiettes évoluent au rythme des saisons et des producteurs, sans rigidité, avec une seule ambition : toucher juste. Ici, chaque plat compte, non pour démontrer un savoir-faire, mais pour marquer les esprits. Car au-delà de l’étoile, ce que Quentin Philippe cherche avant tout, c’est créer un souvenir : le moment précis que le client n’oubliera jamais et qui donne tout son sens au métier.

L’avenir…
Pour l’année à venir, le chef regarde devant lui sans précipitation. Consolider l’existant, faire évoluer Arakel par petites touches et continuer à surprendre sans se trahir : l’ambition est là, discrète mais bien réelle. Plus qu’une destination, Arakel s’inscrit dans un mouvement, celui d’un restaurant en constante maturation, porté par une cuisine sensible et un chef qui avance avec justesse.



