Nama et Nomad : un nouveau chapitre pour un duo complice
Avant de devenir restaurateur, Mark Sali s’est formé à l’architecture. Pendant ses études, il travaille comme barman et se découvre une passion pour ce milieu vivant. Après avoir ouvert un établissement en Corse, il part voyager. Lors d’une escale à Genève, il tombe sous le charme de la ville et des personnes qu’il rencontre, et décide d’y poser ses valises. Michael Bodar, lui, vient du Luxembourg. Ancien professionnel du transport, il a bifurqué vers la restauration il y a plus de vingt ans. Il exerce à New York, Londres et Saint-Barth avant de s’installer à Genève, séduit par l’énergie qui s’en dégage.

Amitié professionnelle
C’est au Platinium qu’ils se croisent pour la première fois, il y a une quinzaine d’années. Michael revient de Londres, fort de plusieurs expériences comme chef de rang, tandis que Mark quitte son île natale. Dans cette ambiance conviviale au quai du Seujet, une bande d’amis se forme et l’entente entre les deux protagonistes est immédiate. Après quelques années de parcours parallèles durant lesquelles Mark se perfectionne entre Genève et New York, tandis que Michael poursuit sa route dans d’autres établissements de la ville, ils se retrouvent en 2017 pour ouvrir leur premier établissement commun : le Manhattan Café en association avec Marc-Eric Torres.
À l’origine pensé comme un bar, le Manhattan Café devient rapidement un lieu festif incontournable. Les DJ s’invitent les week-ends, l’ambiance s’installe et le lieu trouve son rythme. Son succès repose sur une formule simple : une atmosphère décontractée mais élégante, un accueil chaleureux et une énergie communicative. Avec le temps, une page se tourne, la clientèle a vieilli, Mark et Michael ont mûri eux aussi, et une nouvelle étape s’impose naturellement.

Le Nama et le Nomad, une nouvelle étape
En juillet 2023, Mark Sali et Michael Bodar inaugurent le Nama sur le quai des Forces Motrices, avant de déménager dans les rues basses, au rez-de-chaussée de l’hôtel Marmont, dont ils louent les arcades où ils servent les petits déjeuners. En octobre 2025, ils ouvrent le Nomad, un bar à cocktails et à vins avec une terrasse donnant sur la rue piétonne. Le Nama reste un restaurant traditionnel, tandis que le Nomad se veut un endroit plus musical à l’apéritif, avec des soirées piano musique live. « L’idée, c’est de recréer une ambiance comme dans les music clubs de New York, pour une clientèle active et variée », explique Michael.
Le Nama est né de leurs deux passions. Michael, grand amateur de sushis, s’est rendu plusieurs fois au Japon et rêvait depuis longtemps d’un restaurant spécialisé, et Mark de son côté est un amateur de viande. Ensemble, ils ont créé une carte mêlant leurs goûts, avec des produits d’une grande qualité. Le nom « Nama », qui signifie « à l’état brut » en japonais, reflète leur philosophie : offrir des produits excellents, travaillés dans le respect du goût et du produit.

Une vision commune du métier
Dans leurs établissements, la répartition du travail s’est faite naturellement et chacun gère sa partie en toute confiance. Leur vision du métier est la même : un client doit vivre une expérience humaine avant tout. « Dans la restauration, les gens viennent pour le concept, mais aussi pour les personnes qui les accueillent », rappelle Mark. C’est pourquoi l’opérationnel leur plaît toujours autant et qu’ils refusent de se démultiplier. Ils veulent rester présents, incarner leurs lieux, saluer les clients et sentir l’énergie de la salle.
Avec le Nama et le Nomad, ils découvrent un nouveau quartier, plus touristique, vivant et diversifié. La rue piétonne, les arcades variées et la proximité du Jet d’eau créent une belle dynamique. C’est aussi un retour symbolique dans le quartier du Baroque, où ils ont tous deux travaillé. Après quinze ans de complicité, Mark et Michael n’ont rien perdu de leur enthousiasme. De l’esprit festif du Manhattan Café à l’atmosphère feutrée du Nomad, ils cultivent la même envie : créer des lieux où l’on se sent bien, accueilli, reconnu. Chez eux, la convivialité n’est pas un concept mais une manière d’être.


