Le Picotin, l’esprit bistrot au cœur de Saint-Jean

Le Picotin, l’esprit bistrot au cœur de Saint-Jean

Deborah Ambrosio

Deborah Ambrosio

29 mars 2026

À la Coopérative des Voies couvertes de Saint-Jean, Colin Martinuzzi et Marie Badrutt signent un bistrot de quartier convivial et engagé. Entre cuisine réconfortante, produits locaux et expositions d’artistes, Le Picotin cultive un esprit de proximité où le lien humain occupe une place centrale.

Au départ, rien ne destinait le duo à la restauration. Colin commence par des études de géographie avant de faire ses premiers pas dans le milieu de la restauration, attiré par le dynamisme et la dimension humaine du secteur. Il travaille pendant plus de cinq ans chez Nero’s Pizza, avant que la pandémie ne marque un tournant. Après plusieurs expériences, il rejoint La Guinguette du parc La Grange, où il rencontre Marie. Elle aussi a suivi un parcours inattendu : d’abord inscrite à la Haute École de santé, elle se réoriente vers l’École hôtelière de Genève, où elle découvre un univers qui lui correspond davantage. En parallèle de ses études, elle travaille au Marcel, à Plainpalais, d’abord comme serveuse, puis comme responsable du bar et de la Guinguette. C’est là que leurs chemins se croisent et que l’idée de Picotin commence à prendre forme.

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Colin Martinuzzi et Marie Badrutt au Picotin ©Edouard Amoiel

Esprit bistrot

Le Picotin est né d’un concours lancé par la Coopération des Voies couvertes de Saint-Jean. Le projet répond naturellement au cahier des charges : un lieu ouvert toute la journée, accessible, ancré dans son quartier et fidèle à l’esprit bistrot. Installé au milieu de nombreux ateliers d’artistes, le restaurant intègre également une dimension culturelle. Les murs accueillent des expositions d’artistes locaux, offrant à certains une première opportunité de montrer leur travail. La décoration évolue ainsi régulièrement, transformant le bistrot en espace de rencontre entre habitants, créateurs et curieux.

La collaboration avec les producteurs locaux occupe également une place centrale dans leur démarche. Les clients peuvent venir récupérer leur panier de légumes et, pourquoi pas, s’attabler ensuite au restaurant. Une manière de rappeler qu’avec des produits simples et de saison, il est possible de créer une cuisine généreuse, tout en renforçant le lien entre producteurs, restaurateurs et habitants.

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Légumes de saison en préparation au Picotin ©DR

Menu collaboratif

Au Picotin, la création des menus se veut collaborative, afin de rompre la séparation classique entre cuisine et service. À chaque changement de carte, l’ensemble de l’équipe est invité à proposer des idées de plats, testés collectivement lors d’une journée de dégustation. Une approche qui renforce la cohésion d’équipe et permet au service de mieux comprendre la construction des assiettes. La cuisine porte néanmoins la signature de Colin : des plats réconfortants, inspirés de la cuisine familiale, revisités avec une touche contemporaine. Comme, actuellement, les betteraves rôties au citron confit et sarrasin, sublimées par une sauce à l’amande et à l’ail rôti. Ou encore le chou pointu farci, accompagné d’un bouillon au miso et d’une onctueuse purée de céleri et pomme de terre. Des assiettes simples, aux goûts francs, qui mettent le produit au premier plan.

Plus qu’un restaurant, le Picotin se veut un véritable lieu de vie. Une adresse conviviale où les habitués se retrouvent autant pour l’assiette que pour l’atmosphère, et où l’humain reste au centre. Les soirées collaboratives ont enrichi cette dynamique, tandis que l’arrivée récente d’un nouveau chef ouvre un nouveau chapitre. Alors, allez-y, goûtez, profitez et n’oubliez pas qu’au Picotin, c’est le panier qui fait l’assiette, et l’expérience tient ses promesses