Jewel Rholam : bulles, blancs et rouges !

Jewel Rholam : bulles, blancs et rouges !

Edouard Amoiel

Edouard Amoiel

10 juin 2026

Avant de conseiller des grands crus bourguignons ou de dénicher les talents viticoles de demain à l’Inda-Bar, Jewel Rholam rêvait de Formule 1. Né à Cannes, il a grandi entre les saveurs marocaines et provençales et a trouvé dans le vin un moyen de s’exprimer où la curiosité compte plus que les étiquettes.

« Quelle est ta région préférée ? » Quand Morad El Hajjaji, le fondateur de l’Inda-Bar, lui pose cette question, Jewel Rholam n’est encore qu’un candidat de passage. Il vient d’arriver à Genève, se rend à l’Inda-Bar pour déposer son CV et finit par discuter avec le patron autour d’un café. Quelques minutes plus tard, une question est posée : « Cite-moi trois grands Côtes-Rôties. » Jewel répond tout de suite avec le trio gagnant qui va tout changer : La Landonne, la Mouline et la Turque. Morad lui dit alors : « On attaque demain. »

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Jewel Rholam devant la cave de l’Inda-Bar ©Edouard Amoiel

Couscous et petits farcis

Quatre ans plus tard, Jewel Rholam dirige la salle et gère l’univers du vin au sein de l’une des adresses les plus originales et branchées de Genève. Son ascension a été rapide, fruit d’un parcours guidé par une grande curiosité et une passion sans limites.

Rien ne prédestinait ce natif de Cannes à devenir sommelier. Passionné de mécanique automobile, diplômé d’un bac professionnel et d’un BTS dans ce domaine, il rêvait davantage de paddocks de Formule 1 que de grappes de raisin. Pourtant, depuis l’enfance, une autre passion grandissait en silence : celle de la table.

D’un côté, il y avait les repas marocains de sa grand-mère, les couscous qui duraient toute une journée et les grandes tablées familiales où l’on partageait autant d’histoires que de plats. De l’autre, la Provence, les petits farcis niçois, les anchoïades et cette culture méditerranéenne où recevoir est presque un art de vivre.

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La salle du restaurant Inda-Bar à Genève ©Edouard Amoiel

Le partage du vin

Le vin est arrivé plus tard. D’abord comme une suite logique du service, puis très vite comme une révélation. Jewel Rholam commence comme chef de rang au Carlton de Cannes, où il rencontre Franck Thomas, Meilleur Sommelier de France. Les fins de service deviennent alors des cours improvisés. Une heure en cave, puis deux. Un morceau de fromage, quelques fonds de bouteille et des discussions qui paraissent durer quelques minutes alors que la nuit est déjà bien avancée.

Cette passion naissante le conduit ensuite à la Chèvre d’Or, à Èze. L’adresse n’est pas totalement inconnue : un oncle y avait travaillé en cuisine et lui en avait souvent parlé. Jewel Rholam y passera une année en tant qu’assistant sommelier, au sein de l’une des maisons les plus emblématiques de la Côte d’Azur. Une étape importante dans son parcours, au cœur d’un établissement qui continue de faire figure de référence dans le sud de la France.

Son apprentissage est entièrement empirique. Pas d’école hôtelière, pas de parcours académique dédié, juste une forte envie de comprendre. Le reste, il l’a construit tout seul : les dégustations, les livres, les reportages regardés jusqu’au petit matin et cette conviction qui ne l’a jamais quitté : le vin n’a de valeur que s’il est partagé.

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Le directeur Jewel Rholam ©Edouard Amoiel

Les rencontres…

C’est sans doute ce qui explique sa philosophie aujourd’hui. À l’Inda-Bar, il peut ouvrir un grand vin de Bourgogne ou faire découvrir le premier millésime d’un jeune vigneron encore inconnu. L’émotion reste la même. « Mon défi, ce n’est pas seulement de servir une grande bouteille. C’est faire découvrir la prochaine pépite avant tout le monde. »

Dans sa bouche, cette phrase ressemble davantage à une mission qu’à une ambition. Car derrière les allocations mythiques, les étiquettes rares et les références qui font rêver les amateurs, ce qui motive vraiment Jewel Rholam reste très simple : créer une rencontre. Entre un vin et une personne. Entre une histoire et un palais. Entre une bouteille et l’émotion qu’elle peut susciter.