
Le Dry January me « saoule » !
Doit-on toujours être raisonnable ? En quelques années, le Dry January s’est installé dans nos vies comme une norme silencieuse, presque une évidence, au même titre que les contrôles de vitesse sur l’autoroute. Une règle de plus, intériorisée sans questionnement, qui s’impose au cœur d’un mois déjà complexe, froid, introspectif, souvent chargé de bonnes résolutions, aussi vite adoptées qu’abandonnées. Sommes-nous à ce point prisonniers de nos propres excès qu’il nous faudrait, collectivement, purifier nos corps et nos esprits pour avoir le droit de repartir sur de bonnes bases ?

Rébellion tranquille
Je pars au front ; en rébellion tranquille mais assumée. En contestation face à une pratique massivement relayée par des médias parfois prompts à simplifier, à moraliser, à importer des récits clés en main. Car il y a quelque chose qui me heurte dans cette injonction déguisée en bonne intention, construite sur des images d’excès et de débordements festifs généralisés. Comme une vision réductrice, presque caricaturale, que l’on applique indistinctement, comme si l’on dépossédait nos cultures de la table, de partage et de plaisir de toute nuance.
Qu’on se comprenne bien : il n’a jamais été question ici de défendre des excès abusifs, inutiles ou destructeurs. La modération, le respect de soi et des autres ne sont pas des concepts nouveaux. Mais il est temps de remettre les pendules à l’heure. Parce que - sans jeu de mots - ce Dry January me « saoule ». Les restaurants ont besoin de nous. De vous. Les vignerons aussi. Plus que jamais. Et derrière ce verre que l’on voudrait systématiquement interdire, il y a toute une économie, des métiers, des vocations, des passions mises à mal par une pensée bobo répétée en boucle, sans nuance et hors contexte.

Zéro culpabilité
Alors soyons heureux. Même en janvier. Festoyons sans culpabilité inutile, retrouvons le goût du partage, du temps long, de la table. Réjouissons-nous, aimons-nous et profitons de la vie - avec la modération que VOUS jugerez utile d’adopter, mais toujours avec conscience, liberté et plaisir.

