
Le Guide Michelin retire sa troisième étoile à L’Ambroisie
Depuis des décennies, Bernard Pacaud façonne à l’Ambroisie une cuisine d’humilité et de précision, où le produit parle avant tout le reste. Une cuisine dénuée de prétention, mais qui s’impose comme une évidence. Apprendre aujourd’hui que la maison perd sa troisième étoile Michelin a quelque chose de vraiment poignant. Non seulement pour les équipes en place, mais pour tous les clients qui ont vécu à table un moment de grâce.
Sur Instagram, Mathieu Pacaud, fils du chef, a publié un message aussi simple que bouleversant. Un mot d’enfant pour un père, un geste de respect pour une vie entière consacrée à la cuisine. Car derrière les étoiles, il y a un parcours. Celui de Bernard Pacaud est de ceux qui forcent l’admiration : un homme qui s’est construit seul, avec une rigueur et une sensibilité rares, jusqu’à faire de L’Ambroisie l’une des maisons les plus respectées de France.
Je me souviens encore d’un déjeuner là-bas, place des Vosges. Un moment suspendu, comme seuls les grands restaurants savent parfois en offrir. Je me souviens aussi d’avoir croisé Bernard Pacaud au détour d’un couloir, après le repas. Une présence discrète mais marquante, à l’image de sa cuisine. Et puis, il y a les plats que l’on n’oublie jamais : les feuillantines de langoustines aux graines de sésame et sauce au curry, les escalopines de bar à l’émincé d’artichauts, caviar et bien évidemment la tarte fine sablée au cacao amer, crème glacée à la vanille Bourbon.
Dans ces moments-là, la gastronomie se rappelle qu’elle est aussi une communauté. Alors, avec toute la bienveillance et le respect que mérite une telle maison, nous envoyons ce soir nos pensées à Bernard Pacaud, à son épouse, à sa famille et à toute l’équipe de L’Ambroisie.

