Passer un repas au comptoir d’un restaurant est un moment intime et privilégié. Une communion gastronomique qui nous rapproche au plus près des hommes et des femmes qui travaillent quotidiennement derrière des fourneaux. Souvent, un échange se créer entre deux mondes qui sont séparés par le protocole de service d’une salle de restaurant. Au comptoir, la distance s’efface au profit du rapprochement humain où le début d’une échange peut éventuellement se transformer en une longue conversation. Que l’échange commence !

Culture Mandarin
Ouvert en lieu et place du restaurant indien Le Rasoi, le restaurant Sachi au cœur de l’hôtel Mandarin Oriental propose une cuisine nippone élégante et contemporaine. Regarder ces artistes des temps modernes pratiquer leur art est un bouillon de culture culinaire. Difficile de ne pas être sensible à une telle dextérité et une telle maîtrise de son sujet. Chaque mouvement est une symphonie de gestes calculés où rigueur rime avec exactitude, tranchage avec minutie et où le produit est mis en valeur telle de précieuses matières premières.
Le chef « Mitsu » alias Mitsuru Tskukada est au commande de ce navire japonais qui réunit plusieurs univers au sein d’un même lieu. La salle feutrée, la terrasse protégée, le bar contemporain et… le comptoir où l’on se remet aux cuisiniers en prononçant l’expression « omakase ». Ils choisissent l’enchainement des séquences en fonction de leurs inspirations et des arrivages de saison. Entremêlés de plats chauds et froids, c’est une ribambelle de petites entrées qui ouvrent le bal avant de laisser place à un assortiment de sashimi. Sans attendre, les merveilleux tempuras (friture japonaise légère et croustillante) font virevolté le curseur plaisir et c’est le bœuf de kobe sauté dans une sauce intense et relevé qui émoustille. Alors que les sushis se déguste au moment de leur création les uns après les autres, le chef réussi à composer son « onze de départ » dans une carte des mets imposantes.

Savoir-faire
Difficile de ne pas rester admiratif devant le savoir-faire des maîtres des lieux tant leurs maniement du couteaux impressionne. Prenons le temps de contempler cet art gastronomique unique au monde. Même si le Mandarin Oriental surf sur la vague nipponne qui semble (même) prendre Genève de plein fouet, le Sachi est une réussite à part entière. Après l’engouement des débuts, le temps qui passe confirmera l’avenir de cet élégant navire japonais.



