Madeleine de Proust
Le Bistrot de Madeleine est plein en ce dimanche midi quasi hivernal (oui, ouvert le dimanche !). Les convives attablées rigolent, trinquent et savourent une cuisine bistrotière de très haut niveau tout en dégustant des vins d’orientation naturelle. Il fait bon vivre chez Pierre Lelièvre et Benjamin Breton qui montent en puissance sur leur partition gourmande. Ce duo tant apprécié lors de leur passage en terres culinaires genevoises continue de surprendre bien au-delà de nos espérances. Même si Genève a laissé partir un brillant tandem, les voir si épanouis fait plaisir.
© Edouard Amoiel
Relation humaine
Pierre Lelièvre a l’œil vif, le geste précis et le verbe en folie… particulièrement lorsqu’il parle des artisans avec qui il collabore : bouchers, maraîchers, fromagers et bien sûr, vignerons… Le patron tisse une relation humaine et fusionnelle avec ces artistes des temps modernes. Hors de question de ne pas jouer la carte de la localité. Même si ce mot est devenu à la mode et faussement usurpé par beaucoup, son utilisation reste de circonstance lorsque le travail de recherche et de sélection du produit devient un mode de vie ou éthique. Le Bistrot de Madeleine en est la preuve.
© Edouard Amoiel
C’est du côté de la salle que Pierre prend plaisir à vivre en compagnie de l’efficace et souriante Mallaury Girod. Proche de ses clients, ce tandem de salle maîtrise parfaitement une… deux salles bondées. Le restaurant gastronomique adjacent au bistrot serait-il enfin ouvert? C’est pour bientôt, nous confirme-t-il. La demande est telle que le bistrot est rapidement complet et le duo utilise l’espace du futur restaurant gastronomique en plus. Un franc succès.
Parmentier de volaille
Pas surprenant que la mayonnaise de Madeleine prenne aussi bien. L’offre culinaire est des plus attrayantes et les intitulés gourmands de la carte des mets sont une invitation à la dégustation. L’apéritif commence par de fines tranches de Coppa de Savoie de la Maison Baud ainsi que des œufs de cabillaud fumés dans l’esprit d’un tarama. Le chèvre frais et les lamelles de chou-rave fermenté en forme de rosace et son huile d’herbes électrisent les sens avant de laisser place aux extraordinaires ravioles de lièvre et leur redoutable sauce au gibier. Un plat qui restera longtemps autant pour la justesse de la cuisson de la pasta que pour l’intensité gustative de la farce et pour la puissance élégante de la sauce. La volaille jaune de Bresse est du même niveau, accompagnée de salsifis rôtis, d’ail noir et d’un subtil jus de volaille. Comble de la gourmandise : les cuisses sont servies comme un parmentier recouvert d’une vraie purée.
La gourmandise est de mise à l’Auberge de Lucinges, où une histoire d’amitié est en train de transformer le petit village français aux portes de Genève. Alors, pourquoi ne pas faire une halte gourmande lors d’un déplacement vers la Haute-Savoie ? À vous de voir…
L’Auberge de Lucinges, 67 place de Lucinges, 74380 Lucinges, France. Téléphone : +33 4 50 39 64 74




