Le Bois Prin, une balade face au Mont-Blanc

Le Bois Prin, une balade face au Mont-Blanc

Deborah Ambrosio

Deborah Ambrosio

14 mai 2025

En plus de ses quatre établissements à Megève, Emmanuel Renaut tient également les rênes de l’Auberge du Bois Prin à Chamonix. En cuisine, le chef haut-savoyard Quentin Veyrat célèbre le terroir avec une créativité toute en subtilité.

Dans la salle au décor de chalet épuré et moderne, toutes les chaises sont tournées vers les montagnes pour offrir un panorama exceptionnel à savourer autant que l’assiette. Dans cet écrin lumineux, on entame le menu avec une mousse aérienne de beaufort, subtilement relevée d’une pointe de vinaigre et de vin blanc pour alléger la richesse du fromage, accompagnée de deux tuiles croustillantes. Cet amuse-bouche donne immédiatement le ton et nous plonge dans l’âme gourmande de la Haute-Savoie.

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Jaune d’œuf coulant, jus d’oignons et mousse de beaufort ©Deborah Ambrosio

Guimauve fondante

Place ensuite à une balade en forêt avec une tartelette au praliné de noisette et une guimauve de céleri, toutes deux délicatement parfumées au thym et au vinaigre. Le délicieux goût torréfié des noisettes, le fondant de la guimauve et le croustillant des graines de sarrasin soufflées offrent un jeu de texture et de saveurs qui nous transportent littéralement dans les sous-bois.

La partition se poursuit avec un jaune d’œuf coulant enrobé d’un gel de pissenlit, caché sous une mousse de beaufort et relevé d’un jus d’oignons travaillé comme un jus de viande. Un plat généreux et réconfortant, où l’amertume discrète du pissenlit apporte une surprenante fraîcheur à la rondeur de l’œuf et du fromage.

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Mont-Blanc revisité ©Deborah Ambrosio

Cuisine d’altitude

Le printemps s’invite ensuite avec une asperge verte croquante, sublimée par un jus de persil vif et une crème de raifort parfaitement dosée. Pris ensemble, chaque élément crée une explosion de fraîcheur. Avant le dessert, une raviole farcie au sérac vient parfaire l’ascension gustative : purée de petits pois, morille rôtie, bouillon printanier et émulsion d’ail s’harmonisent dans un équilibre de fraîcheur, de profondeur et de gourmandise.

En guise de final, le dessert ose une revisite du Mont-Blanc : faisselle, pamplemousse fumé et baies roses viennent bousculer les habitudes sucrées. Une création audacieuse, au goût fumé et poivré, qui divisera peut-être, mais ne laissera personne indifférent. À l’Auberge du Bois Prin, chaque bouchée célèbre la montagne avec délicatesse. C’est une cuisine d’altitude, subtile, locale, qui a une âme et qui nous invite à revenir à chaque changement de saison.