Jacques, comme une évidence
Anaïs Richard

Anaïs Richard

05 juillet 2026

Au cœur de la Vieille-Ville, Lara Pertus et Nicolas Moeschler ont créé Jacques, un bar de quartier à leur image. Derrière les verres de chasselas, les pâtés en croûte et les habitués déjà installés, Jacques raconte surtout une histoire de patience, d’amitié et d’héritage familial.

Dans les ruelles pavées de la Grand-Rue, les rires, les tintements de verres et les discussions franches résonnent sur la terrasse de Jacques. Il y a un an, Lara Pertus et Nicolas Moeschler, tous deux résidents du quartier, ont ouvert leur premier établissement. Un espace à leur image : un lieu où l’on se retrouve entre amis ou entre collègues, où la simplicité n’exclut pas le soin apporté aux produits et où l’on ne se demande jamais si l’on peut reprendre un verre. Un bistrot accessible et convivial, où l’on prend le temps de rester.

JACQUES GENÈVE
L’entrée de Jacques en vieille-ville ©DR

Deux parcours, une volonté

Lara a grandi dans le milieu de la restauration : son père, Jean-Jacques, possédait plusieurs restaurants dans le Beaujolais. Nicolas, lui, travaille dans la finance. Une passion pour la gastronomie l’a déjà conduit à accompagner son cousin dans l’ouverture de plusieurs établissements entre Genève et Lausanne. Leur projet naît d’un besoin : celui de trouver, dans leur quartier, un établissement semblable à ceux qu’ils aiment fréquenter lors de leurs voyages, notamment à Amsterdam.

Cette idée se concrétise « sans précipitation », lorsque le bar situé au coin de la rue de la Boulangerie est mis en vente. Un établissement comme ils l’avaient imaginé : intime et doté d’une grande terrasse.Jacques, c’est avant tout un hommage à Jean-Jacques, disparu il y a quelques années. Celui qui a transmis à sa fille sa passion pour la restauration. Dans le bar, tout est pensé dans le détail : vaisselle chinée aux brocantes, objets hérités des grands-parents, éléments récupérés dans les anciens établissements de Jean-Jacques…

Et cet hommage se traduit par un espace simple et intemporel, où l’on revient aussi bien un mardi soir qu’en famille le week-end. « Le plus beau compliment que l’on ait pu nous faire, c’est que l’on a l’impression que Jacques a toujours été là », confie Nicolas.

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Derrière le comptoir chez Jacques ©Edouard Amoiel

Belle sélection

Chez Jacques, la simplicité ne rime pas avec facilité. Faute d’espace pour cuisiner, le duo a choisi de concentrer toute son exigence sur la sélection des produits. Pâté en croûte signé Romain Pellet, sardines à l’huile servies à même leur conserve ou burrata crémeuse : derrière cette carte volontairement courte se dessine une véritable quête de qualité, avec une idée simple, mais exigeante : proposer le meilleur au prix le plus juste.

Côté cave, Nicolas a imaginé une sélection de vins élaborée avec la même rigueur. Chaque bouteille a trouvé sa place au fil de dégustations à l’aveugle, loin des tendances éphémères. « Nous ne cherchons pas à suivre un effet de mode, mais à créer une cohérence dans ce que nous proposons », résument-ils.

Comme une évidence, ce bar de quartier a déjà trouvé ses habitués. Un repère où l’on se sent comme à la maison, où le bar passe presque à l’arrière-plan, où ce qui compte vraiment, c’est le moment que l’on vient y vivre. Et pour Lara, Jacques restera surtout « le plus bel hommage que j’aurais pu rendre à mon père ».