Quelle grossière erreur de ne pas avoir foulé le seuil de L’Artichaut depuis tant de temps ! À qui la faute ? À la vie peut-être, aux nombreux déplacements sûrement… Mais en tout cas, quel bonheur de revenir dans cet antre gourmand qui fait courir les épicuriens discrets de la Cité de Calvin. Rituel rassurant que de retrouver un établissement qui n’a pas changé et qui continue son incroyable parcours. Alors que les habitudes se perdent, les repères apaisent. Le restaurant L’Artichaut fait partie de ces discrètes institutions qui parcourent la vie avec autant de candeur et un soupçon de désinvolture.
© Edouard Amoiel
Terre viticole
Arborant toujours ces chemises aux motifs divers et variés, c’est un rayonnant Jan Bertiaux qui est à l’accueil. Ce sommelier hors pair semble être toujours heureux de barrer son navire gourmand. Et dire que ce professionnel de la salle est seul à gérer l’ensemble de ses convives… une prouesse à souligner! C’est toujours avec le même panache qu’il virevolte de table en table avec autant d’efficacité que de discrétion, autant de passion que de précision. Avec une carte des vins des plus redoutable au tarif juste et adapté, L’Artichaut a définitivement tout pour plaire. Que cela soit sur les terres viticole suisses ou françaises, le bonheur est également dans la grappe!
© Edouard Amoiel
La carte des mets, quant à elle, va vers l’essentiel. Quatre entrées, quatre plats et quatre desserts. Chaque intitulé donne envie de le déguster; déclinaison autour du chou-fleur, zaatar et fera du lac fumée, noix de Saint-Jacques rôties, déclinaison de carottes, émulsion d’agrumes font parties de préludes saisonnières. Ce sont les ravioles de lièvre à la royale et leur capuccino de cèpes qui attisent la gourmandise et ravissent les sens. Même si la pasta est à peine trop épaisse, son contenu est diaboliquement gourmand et en symbiose avec la sauce.
Coquillages & crustacés
Même si un homard poché se prélassant dans sa bisque accompagnée de courge butternut et estragon nous fait les yeux doux, c’est le ris de veau qui remporte les suffrages. Le chef Guillaume Fribault le propose en version terre et mer, parfaitement croustillant à l’extérieur et merveilleusement moelleux à l’intérieur, accompagné de quelques écrevisses et escorté d’une sublime sauce montée avec les carcasses de crustacés. Quelle joie! Et justement, c’est une joie que de s’attabler à L’Artichaut. Une réjouissante parenthèse ponctuée par de merveilleux moments culinaires qui fait fondre notre cœur d’artichaut.
L’Artichaut, 9 quai du Cheval Blanc, 1227 Carouge. Téléphone : +41 22 301 90 91




