« La haute gastronomie est morte » : Bruno Verjus ferme Table

« La haute gastronomie est morte » : Bruno Verjus ferme Table

Edouard Amoiel

Edouard Amoiel

08 septembre 2026

Derrière cette annonce brutale, il y a un homme, une équipe et une décision que l’on imagine longuement mûrie. Bruno Verjus ferme Table le 22 décembre et ouvre déjà la porte à une nouvelle manière de partager sa cuisine.

« La haute gastronomie est morte. Je ferme Table. » En quelques mots sur Instagram, Bruno Verjus vient d’annoncer la fin de son restaurant parisien doublement étoilé. Le message est direct, presque brutal. Pourtant, derrière un tel message, il y a une équipe, des femmes et des hommes, ainsi qu’un chef dont la décision a nécessairement été mûrement réfléchie. Même s’il ne le dit pas, il y a une question de coûts, devenue centrale dans une haute gastronomie de plus en plus difficile à faire vivre. Et sans doute le sentiment qu’un modèle arrive aujourd’hui au terme de quelque chose.

Continuer à nourrir

La haute gastronomie est-elle réellement en train de s’éteindre ? Peut-être pas. Mais elle traverse une période qui oblige certains de ses plus grands représentants à se réinventer. Bruno Verjus ne dit d’ailleurs pas qu’il souhaite arrêter de cuisiner. Il veut continuer à nourrir, mais ne plus le faire uniquement pour quelques privilégiés. Mettre son savoir-faire, les produits exceptionnels auxquels il a accès et le talent de toute son équipe au service d’une cuisine différente. Plus accessible, peut-être plus simple, mais toujours portée par le plaisir.

J’ai vécu à Table des moments exceptionnels. Des repas dont je me souviendrai toute ma vie, jusque dans leurs moindres détails. Car Table n’était pas seulement un grand restaurant : c’était l’expression d’un homme absolument unique, de son regard porté sur le vivant, sur les producteurs et sur la cuisine. Une page se ferme. Je souhaite désormais le meilleur à Bruno Verjus et à ses équipes, convaincu que la suite, quelle qu’elle soit, ne ressemblera à aucune autre.