Le vin suisse cherche une issue
Dans un entretien accordé au quotidien Le Temps, Guy Parmelin qualifie la crise viticole d’« historique ». Entre la pression des importations, le recul de la consommation et les exportations encore marginales, le président de la Confédération prévient qu’aucune mesure ne suffira à sauver l’ensemble de la branche.
Dans un entretien accordé au quotidien Le Temps, Guy Parmelin ne cherche pas à masquer la gravité de la crise que traverse la viticulture suisse. Le président de la Confédération, également chargé de l’Agriculture et ancien vigneron, reconnaît que les réponses actuellement envisagées ne permettront pas de sauver l’ensemble de la branche. Le projet visant à conditionner certains droits d’importation à l’achat de raisin suisse suscite une vive opposition, notamment de la part des organisations alémaniques. Une solution pourrait encore émerger, mais elle sera vraisemblablement « minimaliste », prévient Guy Parmelin.
Consommation en baisse
Car la crise dépasse la seule question des importations. La consommation de vin recule, les habitudes à l’apéritif évoluent et les bouteilles étrangères à bas prix continuent de peser sur le marché. Dans le même temps, la Suisse n’exporte qu’entre 1 et 1,5 % de sa production, contre 30 à 40 % chez certains de ses voisins.
Pour Guy Parmelin, la filière doit donc reconquérir son propre marché, mais aussi regarder au-delà des frontières. L’Inde, la Chine ou encore les États-Unis pourraient offrir de nouveaux débouchés à des vins suisses encore trop discrets à l’étranger. Cette ouverture ne suffira toutefois pas à éviter une profonde restructuration. Certaines parcelles, devenues trop coûteuses à exploiter, pourraient être arrachées. Une perspective douloureuse, mais désormais difficile à écarter. « La période à venir sera extrêmement difficile », admet le conseiller fédéral. Le constat est sévère : pour le vin suisse, il ne s’agit plus seulement de traverser une mauvaise récolte, mais bien de réinventer un modèle. ENTRETIEN COMPLET

