Coin Coin : nouveau chapitre, même instinct
Chez Coin Coin, le départ de Valentin Pouzet marque clairement la fin d’un cycle. Une cuisine affirmée, une identité posée, un ancrage qui s’est fait avec le temps. Et forcément, derrière, une question : comment continuer ? La réponse est en train de s’écrire… et elle s’appelle Victoria Crozet. 33 ans, un parcours loin des trajectoires classiques. D’abord consultante en urbanisme à Londres, avant de bifurquer vers la cuisine avec lucidité et détermination. Formation dans des bistrots parisiens et traiteur par la suite en passant par des projets créatifs pour des maisons.
« Ce qui frappe surtout, c’est sa lecture du métier. Une approche structurée, une compréhension fine de l’équilibre entre cuisine et entreprise – et cette capacité à s’inscrire dans un lieu sans chercher à l’écraser » nous relate Raoul Weil, l’un des fondateurs du lieu. Chez Coin Coin, le brief est clair : cuisine de partage, produit au centre, lisibilité, gourmandise sans chichi. Et Victoria joue avec ces codes avec justesse.
Une farinata aux premières tomates, entre cru et confit, relevée d’une fraîcheur citronnée parfaitement dosée. Puis une joue de porc braisée, qui aurait pu être hors-saison – mais qui, ici, devient un plat de printemps. Léger, précis, porté par un jus net, des légumes à peine travaillés, juste ce qu’il faut pour faire parler le produit. Ce genre d’assiette qui vous arrête en plein milieu d’un déjeuner pris trop vite. Qui vous force à lever les yeux, à vous reconnecter à ce que vous mangez. Et au fond, c’est exactement ça, Coin Coin. Pas une démonstration forcée ; juste ce moment où l’on se perd un peu dans son assiette pour mieux se retrouver soi-même. Alors oui, une page est tournée. Mais la suite est déjà là, prometteuse, et surtout sincère. L’aventure continue – autrement, mais avec beaucoup de goût.

